L’avenir est à la campagne

L'avenir est à la campagne Editions le Sang de la terre, collection La pensée écologique, mai 2008

L’homme contemporain ne croit plus en l’avenir, moral en berne, système économique fou, planète détruite au quotidien, surconcentration urbaine. Peu à peu, l’idée d’une autre vie s’impose. Ne pourrait-il exister enfin, vivre autrement ? La surconsommation à laquelle il est enchaîné lui coûte la joie de vivre, lui insuffle un mal être permanent et profond. Il a besoin de tranquillité, d’équilibre. Le dépouillement – au sens philosophique – l’interroge. Il s’aperçoit qu’il n’est plus autonome, qu’il ne sait plus se débrouiller par lui-même, se nourrir et construire avec ses mains. L’angoisse environnementale, relayée par les médias, ajoute à son besoin urgent de changer la donne. La campagne, parce qu’elle contient en germe les expériences humaines passées – solidarité, débrouille, prévoyance, patrimoine -, parce qu’elle est un laboratoire – greffe de population et de culture -, parce qu’elle est le refuge de l’ultime naturel, la campagne autorise l’utopie. Face à la mondialisation, à l’explosion du prix de l’énergie, aux grands risques géopolitiques, la réponse économique est bien dans la relocalisation des échanges, dans la redécouverte des circuits courts, dans le terroir renouvelé. Le paysan, homme du pays, pluriactif,  » polyculteur « , a vocation à exister de nouveau pour nourrir les hommes. Par ailleurs, le rêve du petit domaine, partagé par tant d’individus et de communautés n’est-il pas en train de reprendre corps ? II autorise un modèle alternatif, l’autonomie, voire l’autosubsistance en cas de crise aiguë. Le contemporain, auquel on fait croire que le progrès apporterait le bonheur, a compris que les petits bonheurs sont à portée de main.

Lire le courrier d’une lectrice

Bonjour ou bonsoir,

Parce que je suis en train de lire « L’avenir est à la campagne », ouvrage acheté l’été dernier lors d’un grand bol d’air pris au coeur de la Corrèze, je vous ai cherché sur le net.

Il est vrai que j’ai attendu un an pour commencer à vous lire. Mais le meilleur ne se laisse t-il pas désirer ? Amoureuse des livres, je les achète. Je les range délicatement dans ma bibliothèque. Je les regarde. Je les prends régulièrement entre mes mains. Je les caresse. Oui, j’ai un rapport presque charnel au livre et qu’importe qu’il soit de collection ou de poche !

J’ai donc commencé à vous lire, et je retrouve au fil de vos pages la douceur, le calme, la joie que j’ai éprouvés en passant trois semaines trop courtes dans la nature corrézienne.  Fille de paysan j’ai grandi au milieu des champs. Fidèle à l’image d’Epinal je rentrais les vaches à l’étable le soir. Je crapahutais dans les bottes de paille et de foin. Je humais l’air chaud et parfumé des soirs d’été. Et mon Dieu que c’était bon !

Et puis j’ai quitté mon village pour aller étudier à la ville, puis pour y travailler. Pendant plus de 15 ans je ne suis plus retournée dans ma campagne que pour quelques week-end, quelques vacances, quelques noël en famille. J’avais toujours le plus grand respect pour elle, la plus grande admiration pour la terre et pour ces hommes qui (du moins pour certains encore) prennent soin de ce patrimoine inestimable, mais il me semblait que ma vie s’était définitivement ancrée dans la ville. Mais la vie ne vous laisse jamais au bout de vos surprises. Les circonstances m’amènent aujourd’hui à reconsidérer mes choix et à retourner vivre sur ma terre natale.

C’est dans ce contexte personnel chargé d’émotions, de douleurs, de tristesse, de désespérances et d’espoirs mêlés, de colères, d’énergie créatrice aussi que j’ai rouvert votre livre. Et je le savoure. J’ai la sale manie de lire souvent deux ouvrages en même temps. Votre livre a pour compagnon « La désobéissance civile » de Thoreau, sur la table de chevet. Thoreau, cet homme qui ne faisait qu’un avec Dame Nature. Quelle belle alliance à mes yeux de vos deux ouvrages côté à côte.

Pourquoi je vous raconte tout ceci ? Pourquoi ce courriel ? Tout simplement parce qu’il est des livres qui s’inscrivent dans l’histoire personnelle et le vôtre est en train de s’inscrire dans la mienne.

Alors merci. E.

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